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Les trois sièges principaux

Quand le Bouddha quitta ce monde, il conseilla aux bouddhistes des temps à venir de se rendre dans les principaux sites où il avait déployé ses activités et de réfléchir ainsi : « C’est ici que le Bouddha a atteint l’éveil ; c’est ici qu’il a enseigné le Dharma pour la première fois… » De cette manière, dès le tout début du bouddhisme, des lieux physiques ont permis aux disciples de s’affranchir de l’emprise du temps et de se relier aux grands maîtres du passé. C’est ainsi que Kampo Nénang, Karma Gœun et Tsourpou – les sièges monastiques fondés par Dusoum Khyènpa – peuvent être vus comme des passerelles qui enjambent le temps. Les principaux monastères du Karmapa offrent non seulement à ses futurs disciples, mais aussi à ses réincarnations à venir, la garantie qu’ils trouveront une base stable pour se relier à la lignée à chaque nouvelle génération. En effet, depuis Dusoum Khyènpa, tous les Karmapas successifs ont établi leur résidence au monastère de Tsourpou pendant un certain temps. Cependant, les grands monastères Karma kagyupas offrent aux générations éphémères qui les habitent bien plus qu’un refuge durable ; ils sont en effet l’assurance que la vision et la sagesse cultivées par des pratiquants exceptionnels ne disparaissent pas à leur mort. Un corps humain apparaît douloureusement fragile et éphémère, comparé à la solidité des tonnes de pierres qui servent à la construction des monastères tibétains. Même quand, en une génération, se forme un groupe de pratiquants sérieux, s’il ne trouve pas de lieu concret pour se réunir, la communauté de pratique se disperse inévitablement avec le départ des grands maîtres. Dans le cas du Karmapa, la continuité de la pratique serait perturbée si les communautés devaient sans cesse se reconstituer dans de nouveaux lieux. Pour cette raison, le premier acte majeur que le XVIe Gyalwang Karmapa accomplit en exil fut la construction d’un nouveau siège à Rumtek, au Sikkim.
 
Les sièges monastiques Karma kagyupas ont joué, au fil des siècles, un rôle important dans la sauvegarde de la transmission de la lignée de pratique. Au Tibet, de nombreuses institutions monastiques étaient situées à des points stratégiques le long des routes commerciales et dans les environs de villes importantes, ce qui contribuait à assurer un soutien matériel au monastère et à permettre un travail de proximité en direction des communautés locales. Cependant, pour les trois sièges principaux qu’il fonda, Dusoum Khyènpa choisit des endroits cachés dans les montagnes, éloignés de l’agitation des villes et des bourgs. Ainsi, l’emplacement même des trois monastères principaux du Karmapa soulignait-il la priorité accordée par la lignée Karma Kagyu à la pratique méditative. Le monastère lui-même était le centre de la communauté de pratique ; autour, se trouvaient des bâtiments et des grottes où aussi bien des pratiquants laïques que des moines pouvaient s’adonner à des retraites solitaires. La fondation des principaux monastères fut pour Dusoum Khyènpa une façon de veiller avec compassion sur ses disciples et sur sa lignée ; de même, le fait que les trois sièges soient encore debout aujourd’hui est aussi un signe de sa détermination à servir les êtres et les enseignements.
 

Kampo Nénang

Dusoum Khyènpa fonda Kampo Nénang, le premier de ses sièges monastiques, en 1164. À cette époque, qui fut celle de son retour dans son Kham natal après trois longues décennies de formation au Tibet central, il avait déjà une cinquantaine d’années. Quand une vaste communauté de pratiquants se forma autour de lui, il établit Kampo Nénang qui devint la base permettant de répondre à leurs besoins liés à la pratique, aussi bien sur le plan matériel que spirituel. On dit que Kampo Nénang représente plus particulièrement le corps de Dusoum Khyènpa, alors que Karma Gœun représente sa parole et Tsourpou son esprit.
 
Au fil des siècles, selon la bonne fortune d’autres écoles, Kampo Nénang fut aux mains des Kagyupas de façon intermittente. Pour un temps, le monastère fut occupé par des moines de l’école Sakya et c’est aujourd’hui un monastère Guéloug. Ainsi, depuis presque 850 ans, les murs anciens de Kampo Nénang et les sommets qui l’entourent supportent patiemment le passage des siècles et accueillent généreusement les pratiquants spirituels que l’histoire leur envoie.
 
 

Karma Gœun

Vingt ans après avoir fondé Kampo Nénang, Dusoum Khyènpa établit un deuxième monastère principal, niché au milieu des collines qui bordent les berges de la rivière Dzachou, à Chamdo, au Kham. Jusqu’à ce que le VIIIe Tai Sitoupa (1700-1774) fonde son propre siège au monastère de Palpoung au XVIIIe siècle, Karma Gœun fut le centre principal des activités de la lignée de réincarnations des Sitoupas. Le tout premier Tai Sitoupa (1377-1448) fut nommé maître principal de Karma Gœun et les Tai Sitoupas qui lui succédèrent acceptèrent comme responsabilité première de s’occuper du monastère. Au fil des siècles, Karma Gœun fut richement orné de peintures murales, de statues et de thangkas, grâce à l’intérêt soutenu que les Karma Kagyupas portaient aux arts, les Tai Sitoupas en étant des exemples particulièrement talentueux. La bibliothèque de Karma Gœun, une des plus grandes du Tibet, contenait une belle collection de textes sanscrits.
 
Karma Gœun fut en grande partie détruit pendant la Révolution Culturelle. Des efforts sont actuellement en cours pour sa reconstruction, en même temps que les moines Karma kagyupas y maintiennent la continuité de la pratique.
 
 

Tsourpou

Situé dans la vallée de Teuloung au Tibet central, Tsourpou devint, en 1189, le dernier siège fondé par Dusoum Khyènpa. En 1159, peu de temps avant de retourner au Kham, il avait posé les bases de ce monastère, en se conciliant les protecteurs locaux. Des décennies plus tard, se conformant à des instructions reçues de Lama Gomtsul, le Ier Karmapa fit le voyage depuis le Kham jusqu’à ce lieu situé à l’ouest de Lhassa afin d’y établir un monastère. Il avait à l’époque presque quatre-vingts ans, et c’est ici qu’il décéda en 1193. Au fil des siècles, les Karmapas successifs ont imprégné le monastère de Tsourpou de la puissance de leur présence vivante. Tsourpou fut aussi le réceptacle des reliques de leur corps, qui furent enchâssées dans des stoupas ou des figurines d’argile appelées tsatsas.
 
À la fin de la Révolution Culturelle au Tibet, l’ensemble du complexe monastique fut rasé et il n’en resta rien, si ce n’est des ruines inhabitables. Quand la situation politique s’améliora, le XVIe Karmapa envoya Droupeun Déchèn Rimpoché pour commencer à reconstruire Tsourpou. Pendant qu’il y résidait dans sa jeunesse, le XVIIe Karmapa, Ogyèn Trinlé Dorjé, prit une part active à cette reconstruction. Aujourd’hui, la majeure partie du complexe original a été rebâtie et un institut d’études, ou shédra, y a aussi été créé.
 
 
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